Une copie de cette réflexion signée par l’analyste économique et expert en finances publiques Clément Banguma Byamungu est parvenue à notre rédaction. Nous la publions dans son intégralité en raison de l’intérêt qu’elle suscite dans le débat sur la gestion des finances publiques en République démocratique du Congo.
La RDC est un pays atypique. Un pays où le besoin en infrastructures est indescriptible. Le réseau routier national est abandonné depuis 1960, en dépit des améliorations réalisées depuis 2019 sous le leadership du Président Félix Tshisekedi Tshilombo. L’accès à l’électricité est à 21 % de la population. Le chômage appelle encore des mesures radicales.
En dépit de ces défis, le Gouvernement se délaissait depuis plus d’une décennie de revenus qui peuvent concourir à l’amélioration des conditions de vie de la population.
En effet, suite à la démission de l’État il y a plusieurs années avant l’arrivée de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo au pouvoir en 2019, un système de prime de rétrocession des régies financières avait été institué, lequel permet aux régies financières DGI, DGDA et DGRAD de bénéficier de 5 % des recettes mobilisées par la régie au courant du mois.
Si, à l’époque, cette prime de rétrocession pouvait s’expliquer suite à l’absence de dispositif de suivi de la mobilisation des recettes et à cause de la faible hauteur de mobilisation des recettes, à savoir un budget inférieur à 1 milliard dans les années 2001, vingt ans plus tard, ce système a démontré ses limites et il est plus qu’urgent pour le Gouvernement de mettre fin au paiement de la prime de rétrocession aux régies financières.
En effet, comment comprendre que les agents de l’État qui exercent leurs missions et ont un salaire, au lieu d’obtenir une prime forfaitaire comme tous les agents de l’État, aient une prime basée sur la hauteur des recettes mobilisées comme s’il s’agissait d’un personnel contractuel et temporaire ?
En plus, si la prime de rétrocession pouvait être valable dans les années 2000 où nous avions un budget de moins de 1 milliard USD, comment expliquer au peuple que, sur un budget de 10 milliards USD, les régies financières aient à elles seules 500 millions USD de primes de rétrocession ?
Combien d’hôpitaux, de routes et de centrales pourrions-nous construire en 5 ans ?
Ce système permet aux agents non compétents de se cacher derrière le travail d’une minorité pour s’attribuer des avantages.
Il encourage l’absence d’efforts de service et il est incohérent qu’un pays donne des primes annuelles de 500 millions USD alors qu’il traverse des défis sociaux et sécuritaires comme la RDC.
Il est plus que temps que le Gouvernement mette fin à ce système en instituant une prime forfaitaire et en consacrant la différence à la construction des routes et des hôpitaux pour le peuple.
Comme pour les mois de mars, avril et mai 2026, la DGI réclame plus de 120 millions USD.
Clément BANGUMA BYAMUNGU
Analyste économique et expert en finances publiques
NOTE IMPORTANTE : La rédaction publie cette tribune au titre de contribution au débat public. Les opinions exprimées dans ce texte n’engagent que leur auteur.
